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Pour choisir un outil il faut répondre à un certain nombre de questions. 

À quelle fin l'utilisateur compte-t-il s'en servir?

L'information à recueillir avec un outil peut varier. L'utilisateur peut vouloir : « Chercher à comprendre, décrire, explorer un nouveau domaine, vérifier une hypothèse, évaluer les performances d'une personne, d'une action, d'un projet 1»

La méthode d'utilisation est-elle conciliable avec les conditions dont l'utilisateur dispose?

Il existe diverses méthodes de recueil d'information : observations du comportement, entretiens libres ou semi-dirigés (avec des questions ouvertes ou fermées), études de documents, questionnaires auto révélés ou qui font appel à un administrateur externe2. Avant de choisir un outil, il faut se demander si l'on dispose du temps et du cadre nécessaire pour l'utiliser.

L'utilisateur a-t-il les qualifications requises pour l’administrer ou l’utiliser?

La personne qui veut utiliser un outil doit avoir les connaissances, l’expérience, la compétence et, dans certaines situations, une qualification particulière pour le faire. La complexité et le niveau de spécialisation des outils varient énormément. Les exigences requises pour les utiliser se modulent en fonction de cette complexité et de cette spécialisation. L'utilisateur doit donc s'assurer d'avoir la compétence et l'éventuel statut requis.

L'outil est-il pertinent?

Un outil est pertinent s’il permet de bien cerner l'information voulue : détecter des besoins, poser un choix, prendre une décision, améliorer un fonctionnement ou des performances, faire un suivi, former, résoudre un problème, cerner un phénomène, tester des hypothèses scientifiques »3.

L'outil correspond-t-il à fonction recherchée?

Les outils ont diverses fonctions. Dans le domaine de la maltraitance, ils servent généralement à dépister, évaluer, soutenir l'intervention auprès du parent ou l'intervention auprès de l'enfant ou aider à faire un suivi sur l'évolution d'une situation. Un problème peut se présenter dans l’utilisation des outils s'il y a un éventuel glissement vers une utilisation erronée d'un outil. Par exemple, un outil de dépistage ne devrait pas être utilisé pour procéder à une évaluation. Sa fonction se limite à attirer l’attention sur la présence d’un éventuel problème, alors qu’un outil d’évaluation viendra porter un regard beaucoup plus élaboré et spécifique sur un problème. Tirer des conclusions sur le traitement à offrir à un client à partir d’un outil de dépistage présente un important risque d’erreur.

L'outil est-il de qualité?

Les outils sont de nature diversifiée. Il y a des outils cliniques et des outils validés. Bien que les outils cliniques ne répondent pas aux critères scientifiques éprouvés par la recherche, ils n’en demeurent pas moins valables. Leur valeur se fonde sur la compétence avérée des personnes qui les ont élaborés, leur mise à l’épreuve dans la pratique ainsi que le respect de la limite de leur propriété.  Les outils cliniques développés par des intervenants ou des professionnels des milieux de pratique ne permettent cependant pas d’établir des scores fiables ou un diagnostic quelconque. Ils servent généralement à encadrer un processus clinique en rappelant aux cliniciens des éléments essentiels à prendre en compte dans l’analyse d’une situation. Ils offrent des repères et des indices soutenant la réflexion ou permettent de soutenir l'intervention auprès des parents ou auprès des enfants.
Quant aux instruments validés, un ensemble de critères de fiabilité et de validité4, 5, 6,7,8,9 mis à l’épreuve dans des études empiriques et vérifiés par des tests statistiques effectués sur des échantillons représentatifs viennent confirmer leur valeur. 

Les résultats seront-ils utiles et utilisables?

Un outil devrait être administré ou complété uniquement si on prévoit utiliser les résultats. Une question importante à se poser avant de choisir et décider d’utiliser un outil est de réfléchir à l’usage que l’on veut en faire. Pour des raisons éthiques et d'utilisation judicieuse des ressources, un outil ne devrait pas être utilisé mécaniquement sans raisons ou par habitude. 

Références 

1. De Ketele, J. M. et Roegiers, X. (1996). . De Ketele, J. M. et Roegiers, X. (1996). Méthodologie du recueil d'informations. (3ième éd). Bruxelles: DeBoeck Université.
2. Idem.
3. Idem.
4. Fortin, M.F., Côté, J. et Filion, F. (2006). Fondements et étapes du processus de recherche. Montréal: Chenelière Éducation.
5. Dorvil, H. (2007). . Dorvil, H. (2007). Problèmes sociaux. Tome 111: Théories et méthodologies de la recherche. Québec : Presses de l'Université du Québec.
6. Mayer, R. et Ouellet, F. (1991). . Mayer, R. et Ouellet, F. (1991). Méthodologie de recherche pour les intervenants sociaux. Boucherville: Gaëtan Morin Éditeur.
7.De Ketele, J. M. et Roegiers, X. (1996). .De Ketele, J. M. et Roegiers, X. (1996). Méthodologie du recueil d'informations. (3ième éd). Bruxelles: DeBoeck Université.
8. Mayer, R. et Ouellet, F. (1991). . Mayer, R. et Ouellet, F. (1991). Méthodologie de recherche pour les intervenants sociaux. Boucherville: Gaëtan Morin Éditeur.
9. Fortin, F. ( 2011). Méthodologie: propriétés méthodologiques des instruments de mesure. (fidélité-validité. 10 octobre 2011 . Fortin, F. ( 2011). Méthodologie: propriétés méthodologiques des instruments de mesure. (fidélité-validité. 10 octobre 2011 http://www.metaserv.org/club/mesure.pdf