Les conséquences de la négligence chez l'enfant

Extrait du Bilan des DPJ-DP, 2010.

Des enfants plus à risque

Parce que les adultes qui l’entourent ne le surveillent pas, l’enfant négligé risque plus :

  • de mourir de noyade, de suffocation, d’empoisonnement ou d’une chute
  • de subir des lésions ou des dommages cérébraux à la suite d’un accident ou du défaut d’avoir reçu des soins médicaux
  • d’être exposé à l’alcool et aux drogues consommés par sa mère durant sa grossesse
  • d’être abusé physiquement ou sexuellement ou d’être maltraité psychologiquement (C. Lacharité, L. Éthier, P. Nolin, 2005).

Conséquences

Les conséquence de la négligence en bas âge, sur les plans cognitif et social, seraient encore plus graves que celles de la violence.(Hildyard et Wolfe, 2012).

Les conséquences de la négligence sur un enfant sont variables, mais toujours importantes. Selon la vulnérabilité de l’enfant, la durée et la sévérité de la négligence, ses effets peuvent être irréversibles.

Aussi, comme la négligence est souvent accompagnée d’autres formes de maltraitance comme les abus physiques ou sexuels et les mauvais traitements psychologiques, les effets ressentis par l’enfant se conjuguent.

Chez les bébés

Bébé, l’enfant est souvent né prématurément ou avec un petit poids, son périmètre crânien est plus petit. Dès l’âge de 3 ans, on décèle les retards intellectuels et les retards de langage. L’enfant a des retards parfois graves de croissance et de développement global, notamment de motricité. Il a des troubles du sommeil. Il développe un modèle d’attachement désorganisé.

Chez les enfants d'âge scolaire

À l’entrée scolaire, l’enfant a déjà cumulé des retards. Les conséquences de la négligence au plan cognitif sont majeures. La négligence affecte le développement du cerveau du fait de la malnutrition et du manque de stimulation et entraîne un retard de développement. Les fonctions d’attention et de concentration, la mémoire, la motricité et le langage sont particulièrement affectés, ce qui entraîne une faible performance académique et des difficultés d’apprentissage pouvant mener à l’échec scolaire. Néanmoins, l’enfant négligé est plus autonome et a une meilleure capacité de résoudre des problèmes.
 
Aussi, l’enfant négligé développe des problèmes d’anxiété, de déficits de l’attention, d’hyperactivité, des comportements agressifs et d’opposition ou de retrait et de dépression. Il a une faible estime de lui, s’engage peu envers les autres et a peu d’empathie. Il exprime aussi peu ses sentiments. Ses habiletés sociales sont défaillantes, il a donc des difficultés relationnelles avec ses pairs.

Chez les adolescents

À l’adolescence, la négligence vécue à l’enfance est associée entre autres à la délinquance, aux troubles de comportement et à l’abus de substance.