Question du mois fin.jpg

 

   Vrai ou Faux

 

Il n’est pas recommandé de diagnostiquer le trouble de personnalité limite à l’adolescence

                                                                                        Faux


Plusieurs cliniciens se montrent encore réticents à considérer qu’un adolescent puisse recevoir un diagnostic de TPL. Ils soutiennent que le développement de la personnalité n’est pas encore achevé à cet âge et évoquent notamment le risque de stigmatiser ces jeunes. D’autres au contraire suggèrent fortement d’identifier rapidement à l’adolescence les premières manifestations de ce trouble afin de le traiter précocement (Chanen, 2015; Miller, Muehlenkamp, & Jacobson, 2008a). À ce jour, un nombre croissant de données suggèrent que le TPL peut être diagnostiqué de manière fiable chez l’adolescent et valident la pertinence de le faire (Glenn & Klonsky, 2013). Incidemment, le DSM-5 permet de poser ce diagnostic chez l’adolescent (American Psychiatric Association, 2013) et les études montrent que ses manifestations cliniques sont assez similaires à celles retrouvées chez l’adulte (Miller, Muehlenkamp, & Jacobson, 2008b). 

Il est d’autant plus pertinent d’identifier le TPL précocement qu’omettre de le reconnaître et de traiter les symptômes de ce trouble à l’adolescence risque d’aggraver les comportements suicidaires, la délinquance, les échecs scolaires, les dysfonctions sociales et la toxicomanie (Feenstra, Busschbach, Verheul, & Hutsebaut, 2011). Parmi les adolescents qui consultent en psychiatrie, ceux qui souffrent d’un TPL constituent le groupe qui accuse les difficultés de fonctionnement psychosocial les plus sévères (Chanen, Jovev, & Jackson, 2007). Plus encore, les adolescents souffrant d’un TPL présentent un très haut risque suicidaire (Renaud, Chagnon, Turecki, & Marquette, 2005). Ces derniers comptent à eux seuls 30% des suicides complétés chez les jeunes (Rich & Runeson, 1992).

Finalement, les travaux récents dans le domaine du traitement du TPL justifient de l’identifier hâtivement et rigoureusement. En effet, dans les dix dernières années, des chercheurs à travers le monde ont élaboré et évalué différentes formes d’interventions pour venir en aide spécifiquement aux adolescents qui présentent des traits de personnalité limite ou un TPL avéré (Chanen et al., 2009; Mehlum et al., 2014). Leurs résultats sont encourageants et ces avancées viennent déjà fournir aux cliniciens un arsenal thérapeutique mieux adapté à cette clientèle. Récemment, des recommandations précises concernant le dépistage, l’évaluation et le traitement du TPL chez l’adolescent ont été émises et viennent baliser cette pratique (National Health and Medical Research Council, 2012). Laporte& Desrosiers (2016).

Pour en savoir plus sur le trouble de personnalité limite en protection de la jeunesse consultez le numéro de Défi Jeunesse du mois d'avril 2015 consacré entièrement à ce sujet.